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              Kufstein, Autriche. En 1949, Dominique Pire rencontre dans ce camp des réfugiés bloqués entre   l’Est qu’ils fuient et l’Ouest qui ne veut pas d’eux.

              Vottem, Belgique. Aujourd’hui, des demandeurs d’asile déboutés attendent dans cette «  prison  » le jour où notre pays, qui ne veut pas d’eux, les renverra vers un ailleurs qu’ils fuient.

              De Kufstein à Vottem, il y a cinquante ans. «  A l’aire libre  ?  » est un voyage dans le temps, de découverte, de réflexion.

              Découverte d’une association, l’Aide aux Personnes Déplacées, de son action et des principes qui la sous-tendent.

              Réflexion sur un droit démocratique, le droit d’asile. Aujourd’hui attaqué de toutes parts, existe-t-il encore en Belgique  ?

 

Coup de cœur

«  Personne ne pensait, le 27 février 1949, au tournant de vie qu’allait représenter, pour certains d’entre nous, la conférence que donnait à Bruxelles un jeune Américain de l’U.N.R.R.A. (United Nations Relief and Rehabilitation Administration) devant une trentaine de jeunes gens et de jeunes filles. Il s’agissait, somme toute, d’une petite causerie informative sur le problème des réfugiés D.P.. Je n’avais personnellement jamais entendu parler des D.P. jusqu’à ce jour-là et j’ignorais tout de leur existence et de leur vie. Nous fûmes tous bouleversés d’apprendre qu’il y avait tant de malheureux en Autriche et en Allemagne. Et, à la fin de la conférence d’Edward-Faust Squadrille, nous aurions tous voulu faire quelque chose. Mais nous ne savions pas quoi. Sans trop savoir vers quelle aventure je courais, je partis, quelques semaines plus tard, en Autriche. Mais, entre-temps, chacun des auditeurs avait demandé au conférencier le nom et l’adresse d’un réfugié. Chacun écrivait sans bien savoir ce que cela allait représenter. A notre grand étonnement, les réponses arrivèrent quelques jours plus tard. Des réponses étonnantes car on y lisait à peu près ceci  : «  Qui vous a donné cette adresse  ? Pouvons-nous croire qu’il y ait quelqu’un sur terre qui pense vraiment à nous  ?  ». Ainsi naissait, sans que nous le sachions, ce qui allait devenir le parrainage. Ainsi se précisait, dès le début, la psychologie du réfugié  : méfiance de tout mais besoin d’amour.  ».

Ainsi donc, le Père Pire ne connaissait pas les D.P.. D.P.  ? Deux petites lettres, initiales des mots anglais Displaced Persons pour désigner huit millions de réfugiés venus de l’Est. A la fin de la guerre, la plupart retournent chez eux mais pour les deux millions restants pas question de repasser le Rideau de Fer. Leur but  ? Quitter l’Allemagne, l’Autriche, l’Italie qui les hébergent à titre de dette de guerre et émigrer vers l’Ouest.

Mais, comme l’écrira le Père Pire, les Etats ont toujours plus de ventre que de cœur. L’émigration, ce sera pour ceux qui ont encore une valeur marchande. Les laissés pour compte sont deux cent cinquante mille, coincés entre un Est qu’ils fuient et un Ouest qui ne les veut pas  : ils sont trop vieux, trop malades, trop encombrants. Ils survivent, sans perspective, dans des camps, des vieilles casernes (Petit-Château, Florennes, vous faites partie d’une vieille recette  !). Ce hard-core , autrement dit ce noyau dur que, fort élégamment, on baptise aussi parfois «  résidu  », c’est vers lui que le Père Pire va se tourner. Nous le verrons souvent pas la suite, cette démarche, aller vers ceux dont personne ne veut, deviendra vite une marque de fabrique de l’Aide aux Personnes Déplacées. Les chants désespérés sont sans doute les plus beaux.

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Faire tomber les préjugés

Permettre à des personnes âgées de finir leurs jours dans des conditions proches de la normale et en tout cas dans la dignité et la sérénité, ce n’est qu’une partie du travail à réaliser  : il y aussi des familles avec des enfants. Dominique Pire refuse que leur avenir se résumé à la vie des camps qui débouchera sur la marginalisation et la délinquance. Une nouvelle idée se fait jour  : les «  Villages Européens  »  : «  Ce sont de très petits villages comprenant au maximum deux cents personnes. Nous avons imaginé ce système parce qu’il est intermédiaire entre l’intégration d’une seule famille dans une ambiance qui lui est totalement étrangère ou la constitution de grosses agglomérations de réfugiés qui comporteraient le danger de la formation d’un ghetto. Dans l’intégration des réfugiés famille par famille, il y a le danger d’isolement complet  dans la constitution de grosses bourgades de réfugiés, il y a le danger de repliement de la communauté de réfugiés sur elle-même  et dans nos petits villages, il y a, je crois, le moindre mal. Les réfugiés commencent, car ils manquent de confiance en eux-mêmes, à faire quelques racines autour d’eux dans les familles qui les entourent. Puis de là, lorsque leur communauté est trop petite, ils poussent leurs racines dans la population environnante, et c’est alors la vraie réintégration humaine…  "

Se battre contre les préjugés, voilà bien la difficulté majeure. Le moins qu’on puisse dire, c’est que dans les localités choisies pour implanter un Village, ce n’est pas le fol enthousiasme…. Les réfugiés ne sont pas vraiment attendus  à bras ouverts. Lors de la construction du Village de Berchem-Sainte-Agathe, un ami écrit au Père  : «  Si certains habitants de Berchem voient s’édifier ce Village avec sympathie ou indifférence, d’autres sont inquiets, voir hostiles. Un homme d’œuvres a déclaré  : «  Quand ils seront là, on pourra fermer les volets.  » Une dame, qui a d’ailleurs donné de l’argent pour l’Aide aux Personnes Déplacées, ne voit pas avec joie des réfugiés s’installer dans sa commune, près de chez elle  ! Des entrepreneurs, architectes et propriétaires disent que ce Village va déprécier les terrains, le quartier, la commune. Chez les commerçants, dans les magasins, les propos marquent souvent l’inquiétude, la méfiance, voire l’hostilité.  »

Cette lettre date de 1957. Oui, vous avez bien lu  ! Déjà les mêmes préjugés imbéciles, les mêmes arguments frileux de repli sur soi, les mêmes réactions de peur devant l’Autre qu’on ne connaît pas. Pas de ça chez nous  !

Comme de nos jours à Rixensart avant l’ouverture du centre d’accueil, comme à Rendeux ou De Haan quand on veut y installer un centre de la Croix-Rouge. Les préjugés ont la vie dure, ils résistent bien au temps. Pour qui veut les combattre, il faut inlassablement remettre l’ouvrage sur le métier. Ils disparaissent ici aujourd’hui pour réapparaître là-bas demain.

Bouc émissaire de tous les maux, le réfugié n’a pas bonne presse. Dire, répéter qu’il n’est pas un danger mais le symptôme d’un monde malade et qu’on ne fait pas tomber la température en cassant le thermomètre, c’est ce que nous crions sur tous les toits depuis cinquante ans.

A l’heure actuelle, dans ce climat de suspicion généralisée qui voit dans le demandeur d’asile un fraudeur et un profiteur, notre rôle est plus que jamais d’informer, d’expliquer à tout un chacun qui sont les demandeurs d’asile, pourquoi ils viennent frapper à notre porte, pourquoi il est important de les accueillir dignement. Et bien souvent, on constate que lorsque la communication s’établit entre les gens, leur regard mutuel change. C’est dans cet esprit que nous organisons des séances d’information dans les écoles, les associations.

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Un étranger exceptionnel

Sollicités lors de l’arrivée des Chiliens, les groupes d’accueil sont également impliqués dans l’installation des réfugiés du Sud-Est Asiatique. Originaires du Cambodge, du Laos et du Vietnam, ils arrivent, comme les Chiliens, dans le cadre d’un programme officiel. La politique des contingents est toujours d’application. Une aide de l’Etat est prévue pour leur installation et ils bénéficient des lois sociales belges et du permis de travail.

L’Aide aux Personnes Déplacées est bien sûr partie prenante et constate que l’Histoire se répète. Comme en 1949, lorsque le Père Pire prend conscience de l’existence des D.P., le même jeu sordide se joue. Les travailleurs qualifiés, les valides, les adultes isolés se casent facilement. Par contre, les vieux, les malades, les familles nombreuses… Comme toujours, personne n’en veut  ! C’est donc aux défavorisés que l’Aide aux Personnes Déplacées va s’intéresser en veillant à ne privilégier aucun groupe national, social ou ethnique.

Tour n’ira pas sans mal. L’accueil de jeunes réfugiés (les «  mineurs non-accompagnés  » du jargon administratif) est une action délicate et difficile mais quelques familles d’accueil patientes la mèneront à bien. Prouvant par là que l’intégration ne réserve pas que des problèmes. Elle peut aussi être source d’enrichissement et de satisfaction pour ceux qui s’y engagent.

Avec le recul des années, cet enthousiasme, cette disponibilité de la population à accueillir des réfugiés ne manquent pas d’étonner. C’est presque l’hallucination lorsqu’on apprend qu’en 1979 des pétitions ont circulé pour demander d’accueillir davantage de réfugiés du Sud-Est Asiatique  : les décisions de notre gouvernement devaient se mettre au diapason de notre générosité  ! Le terme «  réfugié  » désignait, à l’époque, un étranger exceptionnel. Non pas parce qu’il était doté de vertus particulières mais parce qu’il constituait une exception quantitative  ! La méthode des contingents avait ceci de bon qu’elle permettait de savoir à l’avance qui allait arriver, d’où et en quel nombre. L’immigration était stoppée depuis 1974. Un réfugié était donc l’exception qui confirmait la règle. C’était un bon étranger à qui on pouvait volontiers donner pain et travail parce qu’il avait souffert. Cela donnait bonne conscience d’aider les boat-people vietnamiens fuyant  le communisme. Les convictions marxistes des Sud-Américains, on les oubliait facilement. Victimes de la candidature, on les accueillait au nom des droits de l’Homme.

Cet état de grâce ne va pas durer. Les années 80 seront celles du repli frileux. L’Europe qui se construit chaque jour davantage est celle de la libre circulation des biens, pas des personnes. L' «  espace Schengen  » n’est pas une aire libre. C’est le camp retranché au milieu duquel se dresse la forteresse Europe.

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Vrai ou faux?

Les réfugiés qui arrivent en ces années 85-86 proviennent de pays que Monsieur Tout-le-Monde a bien de la peine à situer sur une carte. Quant à savoir ce qui s’y passe, il ne faut même pas y penser.

De là à dire que ce ne sont pas de vrais réfugiés, il n’y a qu’un pas qui est vite franchi. Accueillir des boat-people était un réflexe humanitaire qui flattait notre grandeur d’âme et on n’allait pas soupçonner des victimes du communisme d’être des tricheurs. Mais ces Ghanéens, ces Pakistanais ? Leur allure générale n’inspire pas trop confiance. Trop noirs ou trop basanés. Trop seuls. Une famille, c’est sympathique. Un homme seul, c’est plus que probablement un aventurier prêt à tous les mauvais coups. Mais surtout, l’histoire qu’ils racontent, même si c’est le récit de leur vie, ce n’est pas la bonne, ce n’est pas celle que nous sommes prêts à entendre. Ils viennent de nos anciennes colonies…

A moins d’être d’une totale mauvaise foi, la colonisation, y a-t-il un seul pays occidental qui en soit ressorti les mains propres  ? Alors, voir arriver chez nous nos anciens colonisés et les entendre dire que les régimes politiques que nous avons mis en place chez eux sont plus que discutables, c’est un assez désagréable retour de balancier pas toujours facile à accepter. Les entendre dire que le système économique que nous avons laissé derrière nous (pour autant que nous ayons laissé quelque chose) les exclut totalement, voilà bien ce qu’il ne faut pas dire. Ils fuient des conditions matérielles défavorables… Mais alors, ce sont de faux réfugiés  ! Des réfugiés économiques  !

Resituons pour commencer la problématique des réfugiés dans le contexte global des migrations. Nous comprendrons déjà mieux pourquoi des gens viennent chez nous.

Ce sont les nations industrialisées qui, pour répondre à des besoins ponctuels, ont organisé des mouvements de main-d’œuvre immigrée. D’autant plus faciles à mettre sur pied que la colonisation avaient auparavant répandu à travers le monde l’image, pas toujours conforme à la réalité, des eldorados européen et nord-américain. L’Occident est perçu comme la solution incontournable à tous les problèmes rencontrés par l’Est et le Sud  : malnutrition, manque d’instruction, sous-développement.

Reconnaissons aussi que la main-d’œuvre immigrée et la richesse des colonies sont pour beaucoup dans notre relative prospérité, même si les parts du gâteau ne sont pas égales et que certains sont exclus de la distribution.

N’était-il pas un peu stupide de croire que ce mouvement quasi naturel du Sud vers le Nord allait être rayé d’un trait de plume dès qu’il aurait été décidé péremptoirement et unilatéralement qu’il fallait arrêter les frais  ? Décider un beau jour que, vu la crise, l’immigration est stoppée, comme notre gouvernement, qui n’est d’ailleurs pas le seul dans le cas, le fait en 1974, n’est-ce pas un peu illusoire  ? Pourquoi, du jour au lendemain, personne n’aurait-il plus envie de venir vivre en Belgique  ?

Y entrer par le biais du travail, c’est fort difficile  : vous devez prouver que vous avez une qualification qu’on rencontre rarement sur le marché de l’emploi. Si vous ne venez pas rejoindre votre famille, autre critère admis, il ne vous reste qu’une solution  : le droit d’asile. Pour entrer là où vous voulez, si portes et fenêtres sont fermées, vous passez par le soupirail, non  ? Alors, si pour entrer en Belgique il faut se déclarer réfugié, vous vous déclarez réfugié  !

J’entends déjà crier à l’abus. Pourquoi le nier  ? Oui,  il y a des abus. Mais généraliser, dire que toutes les demandes d’asile sont des abus, en est un autre. La fraude fiscale existe. La pratiquez-vous pour autant  ? Dans tous les domaines, qu’il s’agisse de chômage, de minimex, de droit d’aile, tout le monde connaît un cas douteux et étend sa réputation à tous les autres.

Pour un «  faux  », combien de «  vrais  »  ? Ce qui serait dangereux, et pas seulement abusif, ce serait de fermer la porte à tout le monde pour éviter une seule erreur. De renvoyer vers un sort plus qu’incertain un «  vrai  » réfugié pour être tout à fait sûr de ne pas apporter une aide à celui qui ne l’est pas.

Politique, économique  ? Est-ce le bon débat  ? La bonne question  ? Parmi les raisons qui poussent les gens à s’exiler, y en a-t-il de bonnes et de mauvaises  ? Subir la répression après avoir clamé trop haut ses opinions serait-ce une bonne raison  ? Fuir la misère matérielle, l’insécurité économique en serait-ce une mauvaise  ? D’autant que la limite entre ce qui est politique et économique est parfois assez floue. Sous certaines latitudes, avoir faim, c’est suffisant pour être considéré comme hostile à un régime qui n’est pas parvenu à assurer votre simple survie. Vous êtes la preuve vivante de son incompétence  ! Ailleurs encore, des paysans se font confisquer leurs terres. S’ils avouent ne plus avoir de quoi se nourrir, conclure que c’est la seule raison de leur départ, n’est-ce pas un peu court  ?

Permettre plus facilement à des gens de venir «  souffler  » en Belgique en attendant que la situation s’améliore chez eux, prendre davantage en considération des motifs humanitaires, ce serait décourager les fraudes. Le droit de séjourner en Belgique ne serait plus ainsi accordé uniquement à qui a simplement mieux réussi qu’un autre à contourner les obstacles qui entravent l’entrée sur notre territoire. Mais ce serait surtout éviter de renvoyer des gens qui ont réellement besoin d’une protection, fût-elle temporaire.

Ne généralisons pas, mais ceux que notre pays accueille, parfois bien mal, n’ont pas tous pourbut d’y rester indéfiniment. Car on ne le dira jamais assez, personne n’est candidat à l’exil. Personne n’est, pour reprendre le terme administratif habituellement utilisé, «  candidat réfugié  ». Nous lui préférons d’ailleurs l’expression «  demandeur d’asile  ».

Une phrase à la mode dit  : «  On ne peut pas accueillir toute la misère du monde  !  ». Mais «  elle  »n’a justement pas envie de venir chez nous  ! C’est Anne Morelli qui disait  : «  Il faut que les gens s’enlèvent de la tête que chaque matin, au fin fond de l’Atlas, il y a un Mohammed qui s’éveille en disant à sa femme  : «Fatima, prépare les enfants. On s’en va à Schaerbeek profiter des largesses du C.P.A.S.  ».

«  Ils ferait mieux de rester chez eux  !  ». «  Ils  » pensent la même chose et ça va peut-être vous étonner  : l’Aide aux Personnes Déplacées aussi  ! Nous ne sommes pas pour l’exil mais pour que chacun ait le droit fondamental de vivre chez soi et d’y vivre debout.

Notre association a cinquante ans. Et nous espérons bien ne pas fêter notre centenaire  ! Nous souhaiterions pouvoir dire le plus vite possible  : l’Aide aux Personnes Déplacées se reconvertit. Il n’y a plus de réfugiés. Nous aurions, outre le sentiment du devoir bien accompli, la satisfaction de savoir que les efforts de tous ceux qui ont œuvré et oeuvrent pour un monde équitable et en paix avec lui-même n’ont pas été inutiles.

Accueillir des réfugiés est un travail toujours actuel et nécessaire à mener de pair avec les efforts de développement destinés précisément à créer les conditions pour qu’il n’y ait plus d’exilés. Ce n’est de toute façon pas en fermant les frontières qu’on va empêcher des gens d’être chassés de chez eux. C’est fermer la porte pour éviter les courants d’air et croire que le vent va s’arrêter de souffler. Au lieu de nous efforcer à rendre nos frontières imperméables, de nous replier sur nos nationalismes frileux, créons plutôt les conditions économiques, sociales et politiques qui rendront à chacun le droit de vivre chez soi.

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Aide aux Personnes Déplacées asbl

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